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Renouvellement de la CENI : Faure Gnassingbé veut conserver sa machine à fraudes

Malgré les critiques sur la composition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le régime n’entend rien y changer. L’Assemblée nationale vient de lancer le processus de renouvellement de cette institution qui a été transformée en machine à fraudes par le pouvoir.

Le 19 janvier dernier, la présidente de l’Assemblée nationale a pris l’arrêté N°02/2022/PA portant ouverture du processus de renouvellement des membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Le dépôt des candidatures a débuté le lundi 24 janvier 2022 et se poursuivent jusqu’au 23 février, date de clôture. « Article premier : Il est lancé un appel à candidature pour le renouvellement des dix-sept (17) membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dont : sept (7) membres représentant la majorité parlementaire, élus par l’Assemblée nationale sur une liste de quatorze (14) candidats au moins présentés par le président du groupe parlementaire de la majorité ; sept (7) membres représentant l’opposition répartis comme suit : – quatre (4) membres représentant l’opposition parlementaire, élus par l’Assemblée nationale sur une liste de huit (8) candidats au moins, présentés par les présidents des groupes parlementaires de l’opposition, – trois (3) membres élus par l’Assemblée nationale représentant l’opposition extraparlementaire sur une liste de six (06) candidats au moins présentés par les partis politiques de l’opposition extraparlementaire ; – deux (2) membres représentant la société civile, élus par l’Assemblée nationale ; – un (1) membre représentant l’administration, élu par l’Assemblée nationale sur une liste d’au moins deux (2) candidats présentés par le ministre en charge de l’administration territoriale », lit-on dans l’arrêté signé par Yawa Djigbodi Tsegan.

Le train est donc lancé pour l’organisation des élections régionales, acceptées par les uns et dénoncées par les autres. En réalité, si le parti au pouvoir et ses alliés semblent décidés à organiser les régionales, pour donner l’impression que le Togo est un pays normal, au sein de la classe politique de l’opposition, c’est toujours la divergence de vues. Dans les rangs de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) et autres formations politiques, on soutient toujours que la crise politique née de la présidentielle de 2020 doit être résolue avant toute autre élection ou discussion politique. Même les participationnistes ne semblent pas accepter une participation pour jouer aux faire-valoir. Il est donc évident que la tenue des élections régionales avec la participation de l’opposition est hypothéquée.

Revenant au processus de désignation des nouveaux membres de la CENI, il convient de dire que si aucun changement n’est apporté, la configuration prochaine de la CENI sera telle que proposée par le reliquat de la Concertation nationale entre acteurs politiques (CNAP) menée par Payadowa Boukpessi et adoptée par le conseil des ministres du 9 septembre 2021. Pourtant, dans le contexte politique actuel, cette proposition met en forte minorité l’opposition togolaise, puisque les partis qui en font partie sont tous hors de l’Assemblée nationale. En décembre 2018, ils avaient refusé de prendre part aux élections législatives dont les conditions d’organisation laissaient à désirer. Le boycott était cinglant et le pouvoir s’est appuyé sur ses alliés pour remplir les bancs de l’Assemblée nationale dans un scandale de « nominations parlementaires ».

Sur un autre plan – et c’est là que le processus de renouvellement des membres de la CENI interpelle-, il est connu de tous que la composition de la CENI détermine l’issue des élections. Avec la configuration de l’actuelle Assemblée nationale, le pouvoir aura d’office ses 7 représentants, les 4 de la pseudo opposition parlementaire, celui représentant l’administration et un de la société civile proche du régime. Ce qui lui donne 13 membres sur les 17 que compte la CENI. C’est la part du lion pour que gagne celui dont les victoires suscitent toujours des doutes légitimes. Au cours des précédentes élections et depuis des décennies, les présidents de cette institution ont joué les faiseurs de roi. Les résultats qu’ils proclament sont en parfait déphasage avec le vote des électeurs, puisqu’ils proclament vainqueurs les perdants et perdants, les vainqueurs. Nous tendons encore vers ce scénario.

Le contexte sociopolitique du Togo marqué par les différentes décisions prises par le gouvernement depuis les manifestations d’août 2017 et l’élection présidentielle de février 2020 dénote de la volonté du régime cinquantenaire des Gnassingbé de posséder le pays dans les moindres aspects. Depuis les événements de 2017, le pouvoir a beaucoup plus manifesté une volonté de verrouillage du système électoral qu’une tendance à voir les choses s’améliorer pour des élections réellement démocratiques. L’espace politique est constamment réduit. On peut aisément en déduire que le régime de Faure Gnassingbé manœuvre toujours pour conserver sa mainmise sur l’appareil d’Etat. La CENI ne sera qu’une étape parmi tant d’autres.

G.A.
Source : Liberte.info
Source : icilome.com

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