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1 – EVOLUTION DE LA POSTURE SOCIALE DE L’INTELLECTUEL AFRICAIN DEPUIS LES INDEPENDANCES NOMINALES

◙ L’intellectualisme entre les instruits et les non-instruits
L’intellectualisme renvoie au primat des activités cérébrales (cerveau, siège de la réflexion) sur l’émotion (cœur, siège des pulsions et de la spiritualité). D’une manière générale, l’intellectualisme est une doctrine qui fait référence à la capacité à se surpasser, à s’élever et à dépasser son égo afin de mettre son intelligence au service du bien par la production d’idées et d’actions pour le changement de toute condition humaine insatisfaisante. Tel est le vrai crédo d’un intellectuel et c’est là la ligne de démarcation de son savoir, de son savoir-faire, de son faire-savoir et de son savoir-être.

A priori, l’intellectuel est une personne bien éduquée attachée aux valeurs de dignité humaine et respectueux de ses engagements interpersonnels et sociétaux, notamment, le respect de la parole donnée, de la vocation et du serment. Il est cependant loin d’être une personne parfaite et s’inscrit dans un processus continu d’amélioration de ses performances en s’efforçant de se remettre en cause. Il a une constante motivation de s’autoévaluer et ne se prend pas pour une grosse tête qui a toujours raison et les autres ont toujours tort.

Il y a deux types d’intellectuels africains à savoir l’intellectuel africain instruit et les intellectuels africains non-instruits.

Les intellectuels instruits sont plus attachés à leur éducation occidentale et amoureux de leurs connaissances occidentales qu’ils ont du mal à adapter aux contextes africains quand bien même ils sont formés en Afrique. Les intellectuels africains sont les seuls au monde à sacraliser et universaliser tout ce qui vient des autres continents et à l’imposer comme données scientifiques dans leurs propres pays et sur le continent.

Les intellectuels non-instruits sont les dépositaires de savoirs endogènes transmissibles de génération en génération et qui essayent d’améliorer ces savoirs ancestraux en développant des itinéraires techniques et technologiques en vue de la production de biens et services par exemple pour la santé humaine, l’agriculture, la nutrition, la spiritualité, la musique, la danse, le sport, la gouvernance par la soumission à des pactes protecteurs du bien commun, etc.

Un intellectuel n’est pas que celui-là qui est très instruit avec beaucoup de références académiques et capable de passer de la théorie à la pratique, de la pratique au perfectionnement de ses insatisfactions. Ce n’est pas non plus celui qui ne fait que le bureau et donne des ordres aux autres ; *c’est aussi celui qui est sur les exploitations agricoles, les chantiers de génie civil et militaire, les planchers d’un théâtre, dans les laboratoires, les ateliers de réalisation cinématographiques ou agroalimentaires*, etc. C’est une personne d’une grande curiosité qui inscrit sa vie quotidienne dans la recherche de solutions pour la résolution des problèmes de sa profession, de son milieu et de son époque sans aucune prétention vaniteuse. Il conserve un cœur apprenant et ne se nourrit d’aucun complexe de grosse tête.

L’école des Blancs et l’intellectualisme africain

Dans le contexte africain et bien avant les indépendances, un intellectuel est d’abord vu comme une personne qui a fait l’école des Blancs avec de longues études, possédant beaucoup de diplômes, parlant une ou plusieurs langues étrangères et pouvant accéder à toutes les hautes fonctions publiques ou privées dans son pays ou à l’international. En somme, le référentiel pour le recrutement, le déroulement de la carrière et les nominations, c’est d’abord et avant tout, les titres académiques (présomption de connaissances) et accessoirement le savoir-faire et la compétence morale et éthique. Et plus certains sont incompétents plus ils engrangent des mérites ; plus ils volent des deniers publics, plus ils y sont encouragés et promus ; plus ils sont intellectuellement malhonnêtes, plus on se sert d’eux dans les stratégies de pouvoir en position de défenseurs intéressés d’une théorie du complot. Parmi toutes ces catégories, on retrouve des intellectuels qui sont admis dans les ordres nationaux et on se demande pour quelle efficacité et quels impacts ?

Pendant longtemps dans les sociétés africaines traditionnelles, les populations considèrent ces diplômés comme des acteurs d’interface incontournables entre l’international, le national et le local. Ils les assimilent d’ailleurs aux correspondants ou représentants locaux des Blancs afin d’accéder aux générosités internationales.

De ce point de vue, l’intelligence situationnelle, rétrospective et prospective d’un intellectuel se fonde sur les rapports de flux par l’inclusion, le dialogue et la coproduction (méthode de la fertilisation croisée) et non les rapports de force visant à exercer le monopole de la vérité par l’exclusion, avoir raison à tout prix avec une capacité de nuisance pour compromettre la paix. Compte alors, pour beaucoup, l’état d’esprit avec lequel un intellectuel met en mouvement ses réflexions pour aboutir à des conseils, à des décisions et à des actions et leurs conséquences sur la vie de l’individu, d’un groupe, de la communauté et des institutions compte énormément. Un intellectuel ne peut pas être un roublard, un cupide et un méchant Homme. Sa vie parcourt en permanence la trajectoire des trois temps à savoir le passé, le présent et le futur. Il est un homme d’audace qui aime se projeter en s’opposant à la routine pour se passionner par la recherche et l’innovation. Il concilie savoir endogène et savoir scientifique.

Les déterminants de la fonction de l’intellectualisme africain

La fonction sociale, politique, économique et technologique de l’intellectuel dans les secteurs sociaux, les secteurs productifs, les secteurs de la gouvernance et de la sécurité est tributaire essentiellement de l’esprit positif (pulsion de vie et de bienveillance) ou de l’esprit négatif (pulsion de mort ou malveillance). La vie intellectuelle est comme une balance qui demande de faire le choix entre la vérité (honnêteté intellectuelle) basée sur l’intérêt général et le mensonge fondée sur la méchanceté et l’intérêt égoïste (malhonnêteté intellectuelle).
Ce faisant, l’intellectualisme africain repose sur trois postulats qui fondent ses rôles et responsabilités envers son pays, son continent et le monde :

◙ le premier postulat renvoie à l’activité cognitive de production de normes en mesure d’influencer en qualité la chaîne décisionnelle de l’Etat afin de produire des réformes publiques susceptibles de renforcer l’impartialité de la puissance publique et de favoriser l’inculturation de la bonne gouvernance par le respect des textes, des valeurs en vue de la stabilité de l’Etat pour la continuité de l’offre de services publics aux citoyens quels que soient leurs bassins de vie ;

◙ le deuxième postulat se base sur l’activité cognitive à but économique et fondé sur les potentialités et les problèmes africains de chaque pays à travers la recherche, l’enseignement et le développement afin de promouvoir des innovations politiques, institutionnelles, administratives, sociales, technologiques, économiques, financières et écologiques destinées à produire des biens et services adaptés aux besoins des populations afin de garantir durablement la sécurité humaine autour du Nexus Paix et Développement ;

◙ le troisième postulat est axé l’activité cognitive de co-développement par la coopération interafricaine et intercontinentale avec des échanges scientifiques, technologiques, culturels, économiques, sportifs et sécuritaire au service de l’interdépendance des Etats et des peuples en vue d’une solidarité mondiale pour le développement durable.

Alors, l’intellectuel est assimilé à une personne réfléchie et rationnelle qui exerce dans son groupe ou son milieu social une certaine influence qui le crédibilise par la pertinence et la cohérence de ses réflexions, la force de ses argumentations, la respectabilité de son comportement et l’engagement à œuvrer pour la justice sociale afin de contribuer à équilibrer les rapports sociaux en prévenant ou en désamorçant les situations de crise susceptibles de mettre en danger sa personne, la stabilité de son institution, d’une communauté locale, nationale ou internationale.

Malheureusement, la fonction intellectuelle est devenue un comportement maraboutique c’est-à-dire un marché d’escroquerie intellectuelle permettant à certains intellectuels d’esprit négatif et de comportement tordu de vivre leur éphémère vie sous l’emprise d’un pacte de trahison avec des forces du mal, des puissances d’argent pour conquérir et exercer des pouvoirs politiques (cas de la plupart des pays africains) et des pouvoirs économiques (cas de l’enrichissement illicite même en situation de crise sanitaire, alimentaire et de guerre).

La violation des droits humains est de plus en plus cautionnée par des intellectuels de tout bord et au premier chef par les juristes, les journalistes, les économistes, les politologues, les syndicalistes qui sortent de leur rôle social de défenseurs des faibles pour se mettre du côté des forts, en l’occurrence des régimes autoritaires. Ce sont ces intellectuels malhonnêtes qui sont recrutés pour circuler de média en média dans le but de manipuler l’opinion publique sur de fausses argumentations moyennant des rentes financières ou de promesses de nominations à de hautes fonctions dans l’administration publique.

Ces intellectuels sont manipulés par les régimes politiques malveillants pour qu’à leur tour, ils manient les leaders d’opinion y compris les chefferies traditionnelles et certaines organisations religieuses qui font allégeance. Dans tous les pays africains, force est de constater que *les intellectuels se laissent éblouir par le mirage des infrastructures modernistes et se posent peu de questions sur la soutenabilité de ses réalisations grandiloquentes qui ne traitent que marginalement la question du bien-être du plus grand nombre*. Ces infrastructures sont devenues de véritables masques de l’intelligence de nombreux intellectuels réduits au silence faute de liberté de critiques constructives et de forces de proposition.

Pendant ce temps, les populations souffrent cruellement de la faim et des effets des changements climatiques, de la vie chère, des règlements de comptes, des dérèglements comportementaux liés aux égoïsmes, d’un accès difficile aux soins de santé primaire alors que certains agents de l’Etat jouissent de privilèges pour leur évacuation sanitaire aux frais des contribuables comme s’ils sont les seuls ayant droit à une bonne espérance de vie, etc.

Si durant plus de six décennies, la plupart des Etats africains accusent de grands retards pour la qualité des plateaux techniques dans les formations sanitaires, c’est parce que les chefs d’Etat, les ministres, tous les responsables d’institutions et les hauts cadres de l’administration civile et militaire ont cette facilité d’aller se faire soigner à l’étranger. Sont exclus de ces privilèges indécents les paysans, les artisans, les artistes, les sportifs locaux, les petits fonctionnaires et toutes les personnes souffrant d’une indigence majeure. L’égalité en droit n’existe pas pour la sécurité alimentaire, la sécurité sanitaire, la sécurité éducative. Comment face à de telles injustices sociales, l’Afrique peut-elle prendre son envol ?

Le mirage des décennies de développement : la perte de crédibilité des intellectuels africains
Les différentes décennies du développement de 1960 à 1990 proclamées par l’Organisation des Nations Unies (ONU) ont fortifié cette perception du rôle des intellectuels instruits à travers les projets de développement qui, hélas, ont rarement tenu la promesse des fleurs concernant le recul de la pauvreté dans les campagnes comme dans les quartiers déshérités des villes africaines. Les véhicules Tout Terrain appelés 4X4 et les longues queues formées par ces véhicules allant d’une dizaine à une trentaine à chaque visite de terrain d’un président de la république ou d’un ministre ont convaincu surtout le monde rural africain du rôle d’interface de ces intellectuels instruits vivant du gaspillage des deniers publics. Du coup, ses hautement diplômés ont basculé dans un complexe de supériorité par rapport aux intellectuels peu ou pas instruits. S’est instaurée une dictature du savoir et des privilèges bien que beaucoup de ses hauts diplômés ne soient pas de vrais patriotes (amour pour la patrie), de vrais sachants (accumulation de connaissances et d’expériences) ou de vrais savants (créateurs d’innovations pour le progrès et l’émancipation des peuples). Il faut noter que la plupart des connaissances des intellectuels instruits servant à l’obtention des hauts diplômes émanent des savoirs endogènes hérités de l’histoire.

Les faillites des décennies de développement ont été relayées par les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD 2000-2015) puis les Objectifs de Développement Durable (ODD 2015-2030). *Les populations africaines sont plus que jamais convaincue du décalage entre leurs souffrances quotidiennes et les réponses qu’apportent toutes ses décennies de développement* qui n’ont principalement amélioré que les conditions de vie de quelques intellectuels africains cupides, avides de pouvoir et tombeurs de projets de restauration de la dignité des peuples noirs.

Au Bénin et sous la révolution militaro-marxiste de 1972 à 1989, toutes les entreprises publiques gérées par les cadres de l’administration publique s’étaient soldées par une faillite généralisée ayant induit le premier programme d’ajustement structurel (PAS) imposé par le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM). Le PAS avait démarré dès 1988 par le ministère du développement rural, le secteur de l’agriculture étant à cette époque la principale pourvoyeuse de devises étrangères au Bénin sans pour autant enrichir les producteurs de coton, d’anacarde. Le discours politique de ce temps demandait aux Béninois de compter d’abord sur leurs propres forces par une production agricole suffisante avec une sécurité alimentaire supprimant les crises alimentaires dues au climat et/ou aux hommes. De nombreux intellectuels n’ont pas été assez patriotes pour relever ce défi.

Les fermes d’Etat étaient appelées dans les milieux fermées les « AMIWO-CLUBS » se traduisant en Fongbé par le restaurant des hauts cadres du développement rural et leurs amis. C’est l’endroit où des animaux étaient abattus chaque week-end pour préparer et consommer une patte à base de jus de cuisson des volailles ou des moutons. Aux baptêmes, mariages et funérailles ou à l’occasion des fêtes de fin d’année, le déstockage des bêtes était systématique pour constituer les étrennes à offrir. Comment dans un pays d’eau du Sud au Nord, peut-on recourir à l’aide alimentaire internationale et confier la gestion des cantines scolaires au Programme Alimentaire Mondial (PAM) ? On vous répondra que les enseignants sont devenus des voleurs de vivres. Mais alors, les dirigeants au sommet de l’Etat se comportent-ils différemment ? Pure hypocrisie ! La misère rurale n’a pas changé de physionomie de façon substantielle en six décennies à cause de ce recul des valeurs dans la gouvernance publique.

La responsabilité sociétale des intellectuels dans la gestion des indépendances des Etats

La responsabilité sociétale des intellectuels africains c’est de passer de l’indépendance nominale à l’indépendance réelle par la construction à chaque mandat présidentiel d’un seuil d’autonomie réelle atteint par chaque pays africain pour réduire l’aide étrangère en vue de son affranchissement et de son émancipation dans l’interdépendance des peuples. Soixante ans après, les intellectuels et leurs peuples n’ont pas été capables de relever ce défi d’émancipation. Les Africains ne sont indépendants en rien.

L’Afrique est toujours restée un continent des dépendances de l’aide pendant que ses sols et sous-sols sont pillés en continu de l’être par les sociétés multinationales avec la complicité des élites politiques, intellectuelles et économiques du continent. Plus préoccupant, l’Afrique est devenue le continent-dépotoir des déchets toxiques non dégradables et des déchets biodégradables de la planète. L’importation de la friperie a fragilisé pendant longtemps les filières nationales de production des vêtements. L’aide alimentaire a toujours fragilisé les systèmes de production agricole et alimentaire, les partenaires techniques financiers accompagnent peu l’aide alimentaire interafricaine en favorisant les échanges entre les zones excédentaires et les zones déficitaires du continent. L’indépendance d’un pays est inconcevable sans l’indépendance alimentaire et c’est dans ce domaine que l’Afrique a failli à travers ses intellectuels.

Enfin, la catastrophe environnementale survenue en 2006 en Côte d’Ivoire avec le déversement de déchets toxiques par la compagnie maritime PROBO KOALA. On y dénombre 101 000 victimes. Est-ce que cette compagnie pouvait agir sans aucune complicité d’un intellectuel africain ? L’argent de la corruption a fait déserter de nos consciences le sens du métier et de la compassion.

L’impact de cette irresponsabilité sociétale des intellectuels n’est rien d’autre que le surendettement des Etats dans les gâchis économiques et les éléphants blancs avec des marchés publics tronqués marqués par un recul des valeurs. Les intellectuels sont au cœur de tout le système mafieux du continent noir et responsables de la propagation du terrorisme.

Depuis les années 90, les systèmes éducatifs nationaux se sont illustrés par l’inadéquation de l’offre éducative avec la demande du marché du travail du fait d’un manque de qualification des enseignants, de la faible professionnalisation des programmes pédagogiques et du nombre limité des opportunités d’emplois. Chaque année des jeunes hautement diplômés et surdiplômés sont déversés dans les villes et les campagnes sans emplois et à la charge des parents dont certain à 35 ans d’âge n’ont pas encore accès à un premier emploi. Face au chômage galopant, le mythe de l’intellectualisme africain s’est largement érodé et le grand diplôme ne représente plus pour les parents un enjeu de progrès ou de changement social positif.

L’intellectuel africain préfère être fidèle à celui qui a le pouvoir plutôt que d’être loyal à la république. Il dénigre la médecine traditionnelle pour renforcer la dépendance des firmes pharmaceutiques internationales ; il préfère copier des modèles occidentaux coûteux pour un luxe au service d’une minorité bourgeoise corrompue plutôt que de servir l’intérêt du grand nombre. Il ne réfléchit qu’à la suite des réflexions produites par les Occidentaux.

Ce mimétisme institutionnel décadent et constituant le corpus des chantiers de réformes publiques en Afrique vient de ce que les textes normatifs occidentaux et les outils d’ingénieries de différents secteurs font constamment l’objet de plagiats par les intellectuels africains qui honorent exagérément et en permanence des citations d’auteurs occidentaux qui sont morts depuis des siècles, un peu comme si les africains sont incapables de produire des pensées lumineuses par leurs propres ingéniosités et à temps réel ou pour l’avenir et le devenir du continent. On est en droit de se demander si les ancêtres des intellectuels africains ne sont-ils pas des Blancs ?

La tête et le cœur du Noir sont en Occident, ses pieds et son estomac sont en Afrique et ceci explique nos tares intellectuelles, nos complexes d’infériorité et nos immobilismes dans l’action. Le président Gbagbo s’étonne à juste titre que les chefs d’Etat africains qui pillent leurs pays aillent investir et parquer les patrimoines volés en Occident alors même qu’ils sont dénoncés pour biens mal acquis. Ce n’est pas le paysan africain qui se comporte ainsi mais les hommes et les femmes de pouvoir, tous appelés élites politiques.

L’Afrique est souvent vue sous le prisme des scandales et de la misère. Ces dynamiques culturelles, économiques, technologiques et sociales sont rarement mises en avant dans les médias. Est-ce cela qui fait que les chefs d’Etat africains préfèrent utiliser les médias internationaux pour s’adresser à leurs peuples et à la communauté internationale ? Au-delà de ce snobisme, la paresse intellectuelle est devenue une prouesse sur le continent. L’intellectuel africain, malgré les facilités qu’offre le numérique de nos jours, se cultive de moins en moins mais aime opiner sur tout.

Chaque intellectuel n’arrête de chanter le refrain du manque de moyens. Pendant que les organes de presse occidentaux parcourent l’Afrique pour couvrir les travers et les misères des sociétés noires, les journalistes et les chercheurs africains se contentent de répéter ce que RFI, BBC, Euronews, Deutsche Welle ou Washington Post ont déjà dit sur l’Afrique. Vous retrouvez après ces spécialistes de chambre ou ces beaux parleurs des amphithéâtres déshumanisés en répétition comme des perroquets sur les chaînes nationales en se prévalant du titre de spécialistes de la sécurité alimentaire, des guerres, de la gouvernance d’Etat, etc. C’est de l’escroquerie intellectuelle, et l’Africain doit savoir qu’il doit faire du terrain car il y a encore beaucoup de choses à découvrir, des utopies à formaliser et des audaces pour entreprendre en vue de sauter ces fardeaux du passé esclavagiste, de la colonisation et de la mondialisation néolibérale.

Beaucoup d’intellectuels africains vivent dans leurs propres pays comme des intellectuels apatrides parce qu’ils sont intellectuellement déracinés et ne pensent qu’en Français, en Allemand, en Suisse, en Américain, en Canadien en Australien, en Russe, et de plus en plus en Mandarin, etc. sans disposer des moyens de reproduire ces modèles peu ou pas adaptés aux défis africains. D’une manière générale, les intellectuels africains ont un profond problème identitaire sur le plan culturel du fait du passé colonial et aussi du complexe de supériorité qui les habite par rapport à leurs peuples ou entre les corps de métier.

Auteur : Simon-Narcisse Tomety, _institutionnaliste, formateur en éducation à la citoyenneté_

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